Tendances
Alimentation : Quand l'appétit va tout va!
08 févr. 2019

 

Quoi de neuf dans l’assiette des Québécois?

Influencé par les grandes tendances internationales, le contenu de l’assiette des Québécois change!

- Les nouvelles protéines : Que ce soit les viandes végétales, les légumineuses ou le tempeh…les protéines se réinventent et gagnent en popularité.

- Les arômes de fleurs : La lavande, l’hibiscus, la rose et la fleur de sureau s’invitent dans les assiettes des Québécois.

- Les aliments à base de cannabis : Que ce soit de la bière, des biscuits ou des bonbons, les entreprises canadiennes voient la légalisation du cannabis comme une opportunité pour sortir de nouveaux produits.

- Le Spritz : Grâce à une stratégie mondiale savamment étudiée, Groupe Campari a réussi à rendre ce cocktail traditionnel italien populaire partout sur la planète.

 

Lentilles, blé d’inde, patate

En plus de ces nouveautés, le végétarisme gagne en popularité partout au pays. Avec plus de la moitié des Canadiens qui veulent réduire leur consommation de viande, ce mouvement qui était précédemment marginal, se démocratise. Que ce soit pour des raisons éthiques, écologiques, économiques ou de santé, c’est 3,1 millions de Canadiens qui se considèrent végétariens ou végétaliens.

Un mouvement qui séduit les jeunes familles au Québec! 

Plus de la moitié des Québécois qui se disent végétariens ou végétaliens ont moins de 35 ans, ce qui est déterminant pour les comportements d’achats des familles d’aujourd’hui, mais aussi pour les consommateurs de demain qui auront grandi dans un environnement sans viande ou sans produit d’origine animale.

 

Moins de visites en épicerie et diversification des commerces

Malgré des ventes stables sur le secteur, on remarque une augmentation de 15% des ventes d’aliments dans les magasins à grandes surfaces. C’est donc dire qu’il y a un déplacement des achats d’aliments vers des magasins tel Costco, Walmart ou encore Dollarama. En 2007, les épiceries représentaient 85% des ventes d’aliments comparativement à 74% l’an dernier, une importante diminution de 11% sur une période de 10 ans. Flairant la bonne affaire, Shoppers Drug Mart introduit dans 11 succursales québécoises la Zone Marché. Déjà adoptée par les Canadiens à l’extérieur du Québec, cette nouvelle zone propose de 250 à 750 aliments frais.


Cette multiplication des points de ventes alimentaires explique en grande partie le fait que le nombre de visites en épicerie diminue. En comparaison avec 2012, ce nombre a diminué de 233 millions au Canada l’an dernier.


Même si le nombre de visites diminue, la facture alimentaire totale continue d’augmenter pour atteindre tout près de 12 000$ annuellement pour une famille de 4. Cette croissance de +7% s’explique par l’augmentation moyenne des aliments de base (légumes +7% / fruits +3% / boulangerie, poisson, produits laitiers et œufs, viande +2%). Les nouvelles ententes douanières avec les États-Unis pourraient aussi avoir des répercussions sur le prix de différents produits d’épicerie tel les conserves. Pour contrer ces augmentations tout en continuant d’acheter leurs produits favoris, les Québécois se tournent vers les coupons (indice 126 vs ROC) ainsi que vers les marques maison (indice 104 vs ROC).

 

À un clic de l’épicerie

Même si se rendre directement en magasin est toujours l’option la plus populaire au pays, les Canadiens sont de plus en plus nombreux à faire leur épicerie en ligne – 28% ont déjà fait des achats alimentaires en ligne et 18% le font à chaque semaine. Les experts prédisent qu’en 2025, c’est 15% des dépenses en épicerie qui seront en ligne. Que ce soit Métro avec ses Supers Magasins, IGA avec son entrepôt automatisé ou Provigo & Maxi avec leur offre Clic&Go, les épiciers diversifient leurs offres pour contrer les magasins à grandes surfaces qui ont déjà une certaine expertise avec la vente en ligne.

 

Est-ce que c’est bio?

Seulement au Canada, l’industrie du biologique représente 4 milliards de dollars et connait une croissance de 10% à chaque année. Un Québécois sur quatre achète maintenant des aliments bios fréquemment. La demande est donc croissante, tout comme l’offre! C’est aujourd’hui près de 11 000 produits certifiés biologiques qu’on retrouve en magasin au Québec, une croissance de 174% vs 2010.

 

Un p’tit verre?

Les Québécois ont consommé 169 millions de litres de vin cette année (+8,5% vs 2017) ce qui représente une dépense de 3,25G (+4% vs 2017). C’est le vin rouge qui est de loin le favori avec 62% des ventes de vin à la SAQ. Malgré une croissance des ventes à la société d’état, c’est encore en épicerie que s’achètent les cinq vins les plus populaires. Du côté des produits québécois, les spiritueux et le vin gagnent en popularité. Grâce principalement au gin québécois qui se démarque de ses compétiteurs internationaux, les spiritueux locaux ont générés 38M$ en vente, une croissance de 4,5M vs 2017. Les vins québécois gagnent aussi en popularité pour ainsi atteindre 585 101 bouteilles, soit une croissance de plus de 20 000 bouteilles vs 2017.


Du côté de la bière, le nombre de brasseries en service a atteint un sommet inégalé de 817 en 2017, soit une croissance de +18% vs 2016! Plus de brasseries sont en service, mais la production et les ventes sont relativement stables enregistrant respectivement une croissance de +0,3% et -1,1%, pour ainsi atteindre 22,2 millions d’hectolitres. Autre nouveauté sur le marché, il est maintenant révolu le temps où la bière sans alcool était réservée aux femmes enceintes! Cette catégorie de bières gagne en popularité partout dans la province et est maintenant disponible sous différentes étiquettes de microbrasseries! Les grands groupes de brasseurs prévoient que d’ici 2025, c’est 20% des ventes qui découleront de cette gamme de produits spécialisés.


L’industrie de l’alimentation se réinvente sans cesse. Que ce soit grâce aux influences internationales qui colorent l’assiette des Québécois, aux avancements technologiques qui amènent l’industrie à développer de nouveaux processus, aux ententes intergouvernementales qui modifient les lois et les tarifs ou encore aux nouvelles tendances santé, le monde de l’alimentation a de nombreux défis à relever et les opportunités sont nombreuses.


Source: Statistique Canada, Tableau CANSIM 080-0020, 2017, Province de Québec.