Tendances
Les cosmétiques en profonde mutation
12 avr. 2019

 

États des lieux au pays

L’industrie de la beauté et des produits cosmétiques est une industrie mature qui repose sur la demande du consommateur en divers produits de soin de base tels que les savons, shampooings, crèmes et lotions, mais également les maquillages, parfums et produits de luxe. Mondialement, les perspectives de croissance concernant les produits de masse sont relativement minces puisqu’il n’existe pas d’innovation majeure.

Cependant, en 2017, cette industrie a prospéré au Canada, poussée par un contexte économique favorable et par le fait même, une confiance des consommateurs plus robuste.

Ainsi donc, on considère que l’industrie de la beauté et des cosmétiques dans son ensemble, a généré 3 G$ de revenus au Canada en 2017, soit une croissance de 5 % en 5 ans. Si l’on se penche sur le segment des magasins de détail de produits de beauté, cosmétiques et parfums, ceux-ci ont généré 2 G$ et une croissance 10 % en 5 ans. Ils sont en grande partie responsables de la bonne santé économique de l’industrie.

L’industrie est dominée par les 5 mêmes grands groupes qui se partagent le palmarès au fil des ans. Le classement sur le plan des chiffres d’affaires (mondial – section beauté 2016) se décline comme suit : L’Oréal (27,2 G$), Unilever (21,3 G$), Estée Lauder (11,8 G$), P&G (11,8 G$) et Coty (7,7 G$).

 

Le luxe propulse la catégorie

Le segment prestige a surclassé le segment de masse, ainsi que l’ensemble de l’industrie, pour la troisième année consécutive. Dans le luxe, les soins et le maquillage ont augmenté respectivement de 7 % et 9 % en 2017 (monde). Le parfum est aussi en pleine effervescence : un pic de croissance de 5,5 % a été atteint en 2016.

 

Les Québécoises prennent soin d’elles

Les Québécoises aiment chouchouter leur peau : 40 % d’entre elles achètent des produits des soins du corps et du visage chaque mois, ce qui les place loin devant leurs homologues anglophones pour ce type de produit.

Il en est de même du maquillage : elles sont 13 % plus portées à dire qu’elles ne pourraient sortir de chez elles sans maquillage que les Canadiennes anglophones. Aussi, elles dépensent jusqu’à 38 $ par mois dans cette catégorie.

Elles vont majoritairement s’approvisionner dans les pharmacies (65 % pour les produits de soin et 76 % pour le maquillage) et la Pharmacies Jean Coutu remporte la palme du magasin le plus visité pour s’approvisionner.

Les bannières spécialisées redoublent d’efforts pour attirer la clientèle. Le secret : parler d’expérience. On veut vivre quelque chose de mémorable et personnalisé, quelque chose qui transforme véritablement. Conseils, tests, soins offerts tels dans un spa... tout est mis en œuvre pour séduire et convaincre!

 

Les tendances à surveiller

Du côté des technologies

Dans notre monde ultra connecté, la technologie est plus que jamais au service de la beauté. Le but : optimiser les cosmétiques, les rendre plus performants et plus faciles d’utilisation.

Les masques de beauté se transforment en applicateurs : pulsations, chaleur, froid, lumières... chaque fonction vise à combler un besoin spécifique de la peau.

Les applications beauté sur appareils mobiles deviennent des scanners qui analysent les besoins de la peau en temps réel : niveau d’hydratation, profondeur des pores, apparition des rides pour proposer LES produits qu’il vous faut.

On personnalise à outrance en allant jusqu’à composer soi-même son produit idéal : relié à une application qui définit les besoins de la peau, on mélange les actifs dans un mini laboratoire compact et on réceptionne aussitôt actifs et sérums sur mesure!

 

On cherche LA bonne routine

D’un côté, on assiste à l’essor des produits multi-usages (ex. : Universal Emulsion de Lixir : crème de jour, de nuit et base de maquillage); de l’autre les routines K-Beauty (coréenne) et J-Beauty (japonaise) basées sur une routine relativement complexe (ex. : masque en tissus imprégnés de bave d’escargot, cushion cream compact, puissantes substances hybrides) ne cessent de croître.

Leur but commun : obtenir une peau à l’apparence translucide et lumineuse.

 

La responsabilisation dans tous ses états

C’est l’avènement des produits non nocifs pour la santé et par extension pour l’environnement. Il ne s’agit pas nécessairement de produits naturels, mais de produits ne contenant aucun ingrédient controversé : silicones, parabènes, sulfates. On parle alors de produits propres plutôt que de produits naturels (Ex. : Love Beauty and Planet de Unilever).

Du côté des industries, le développement durable occupe une place grandissante, aussi bien dans les composantes des produits, des emballages que de la chaîne de production et de distribution.

Acheter des produits de beauté respectueux et durables devient un acte engagé.

Les gammes de soins antipollution sont en croissance et s’élargissent à de multiples facteurs de stress environnementaux :

  • Climatisation
  • Chauffage
  • Bactéries captives (lieux publics fermés, transports en commun)
  • Lumière bleue de nos écrans d’ordinateur

 

L’industrie de la beauté et des cosmétiques a de nombreux défis à relever : les sommes investies en recherche et développement sont considérables compte tenu des nouvelles problématiques qui interpellent de plus en plus les consommatrices : environnement, santé, stress, acceptation ou non de la pression sociale... Nouvelles exigences pour les produits, nouvelles exigences corporatives, nouveaux canaux de commercialisation, les défis à relever sont nombreux et se présenteront sûrement avec leur lot d’occasions.

 

Sources : Nielsen MarketTrack, 2017 (52 semaines, finissant le 6 janvier 2018.)/ Vividata Printemps 2018, Québec franco 12+